Gestion du risque d'infections nosocomiales
- 1.Généralités — définitions, origines et modes de transmissionp. 2-3
- 2.Gestion du risque — analyse, moyens de lutte et diagnostic préalablep. 4-6
- 3.Méthodologie d'intervention et exemple illustrép. 7-8
- 4.Matériel et trappes de visite (NF EN 12097)p. 9-10
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Définitions et cadre réglementaire
Une infection nosocomiale (ou « infection associée aux soins », IAS) est une infection contractée dans un établissement de santé. Trois définitions juridiques et internationales coexistent dans le droit français.
Définition de l'OMS
Cette définition inclut les infections contractées à l'hôpital mais se déclarant après la sortie, ainsi que les infections professionnelles du personnel.
Définition du Conseil de l'Europe (25 octobre 1984)
Cadre réglementaire français
- Décret n° 88-657 du 6 mai 1988 — institution des Comités de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN) dans les établissements publics et privés participant au service public hospitalier.
- Circulaire DGS/DH n° 263 du 13 octobre 1988 — modalités de fonctionnement des CLIN.
- Loi n° 98-535 du 1er juillet 1998 (veille & sécurité sanitaire) — inscrit la lutte contre les infections nosocomiales parmi les missions de tous les établissements de santé, publics et privés.
- Décret n° 99-1034 du 6 décembre 1999 — précision des missions des CLIN et création des Équipes Opérationnelles d'Hygiène Hospitalière (EOHH).
Origines des infections
Les agents infectieux responsables des infections nosocomiales sont classés en trois grandes catégories :
Modes de transmission et réservoirs
Origine du germe
Sources et réservoirs
- Éléments inanimés contaminés : objets, air, surfaces, aliments, dispositifs médicaux, eau.
- Êtres humains : personnel soignant, visiteurs, et patients eux-mêmes.
Quatre modes de transmission exogène
Population à risque majeur
L'immunodépression est le facteur de risque principal d'aspergillose nosocomiale. Sont particulièrement concernés :
- Patients onco-hématologiques (leucémies, lymphomes, aplasies post-chimiothérapie).
- Patients greffés (moelle osseuse, organe solide).
- Patients sous corticothérapie prolongée à haute dose.
- Grands brûlés, patients de réanimation.
- Patients atteints de BPCO sévère, mucoviscidose.
Analyse des risques liés à nos prestations
Les prestations de mise en propreté et désinfection des réseaux aérauliques génèrent des infections exogènes par 4 voies principales que nous identifions et maîtrisons.
Augmentation exponentielle des micro-organismes dans l'air lors du démontage de faux plafonds, ouverture de gaines, manipulation de filtres, brossage, ouverture de trappes ou démontage de bouches.
Notre personnel peut potentiellement être porteur de germes pathogènes pour les patients. Maîtrisé par l'équipement individuel et l'hygiène des mains.
Par contact des intervenants sur le mobilier, portes, structures, sols. Mode de transmission le plus fréquent dans toute infection nosocomiale.
Contamination d'une zone propre par le matériel ou les flux de personnel issus d'une zone de travaux.
Focus scientifique — Aspergillose nosocomiale
Chez un individu immunocompétent, la moisissure n'est pas pathogène (élimination par les macrophages alvéolaires). Chez le patient immunodéprimé, elle provoque une aspergillose invasive : infections pulmonaires, naso-sinusiennes, parfois cérébrales, avec une létalité de 50 à 80 % selon les séries — 2e cause de mortalité hospitalière par infection fongique.
Sources : Institut Pasteur — fiche Aspergillose ; INSPQ Québec — fiche Aspergillus fumigatus ; CPias Auvergne-Rhône-Alpes — Conduite à tenir en cas d'aspergillose nosocomiale.
Moyens mis en œuvre pour la maîtrise du risque
Lutte contre le risque humain — Équipements individuels (EPI)
Notre personnel d'intervention est équipé d'EPI conformes à la législation européenne de catégorie III (risques majeurs) :
- Combinaisons intégrales jetables à usage unique :
- Type 5 selon EN ISO 13982-1 — étanche aux particules solides aéroportées.
- Type 6 selon EN 13034 — étanchéité limitée aux éclaboussures liquides.
- Masques à soupape jetables FFP2 ou FFP3 selon EN 149 — filtrant respectivement ≥ 94 % et ≥ 99 % des particules.
- Sur-chaussures à usage unique.
L'ensemble est changé à chaque sortie/entrée de zone d'intervention et a minima en fin de demi-journée.
Lutte contre le risque manuporté
- Port de gants stériles, changés selon les besoins (et au moins toutes les 2 heures).
- Personnel formé en interne à l'hygiène des mains en milieu hospitalier, sur la base du guide « Recommandations pour l'hygiène des mains » de la Société Française d'Hygiène Hospitalière (SF2H).
- Friction hydro-alcoolique conforme à la fiche métier FME-02A avant toute entrée en zone sensible et à chaque transition.
Lutte contre le risque de contamination croisée
- Itinéraires d'accès aux zones de travaux définis en amont avec le centre hospitalier (réunion préalable), évitant la traversée de zones propres en activité.
- À chaque sortie, les intervenants quittent leurs EPI (gants, masques, combinaisons jetables).
- Balayage humide des sols en zones de travaux en fin de matinée et en fin de journée.
- Tapis adhésifs en entrée et sortie de zone.
- Évacuation des déchets (chiffons, polyane, flexibles, filtres) par double ensachage.
- Nettoyage et désinfection par essuyage humide ou brumisation de l'ensemble du matériel.
Lutte spécifique contre le risque aspergillaire
- Protections environnementales : polyane, sas individuel, cloisonnement étanche de la zone d'intervention.
- Balisage visuel de la zone d'intervention.
- Vérification que la zone d'intervention est en dépression par rapport aux locaux propres et que les confinements sont étanches (tests fumigènes).
- Si nécessaire, mise en dépression par extracteurs autonomes équipés de filtres THE au rejet (filtres HEPA conformes NF EN 1822, classe H13 ou H14).
- Stockage du matériel (escabeau, brossage) hors zones sensibles.
- Déballage et ouverture des colis (trappes de visite) à l'extérieur de la zone propre ou en zone travaux.
- Centrale d'aspiration et aspirateurs portatifs équipés de filtres absolus (filtres THE) — test DOP fourni en début de mission.
Diagnostic préalable et gouvernance
Diagnostic préalable à l'intervention
Compte tenu de la diversité des profils des patients hospitalisés et des actes médicaux, nous menons une évaluation préalable des risques en collaboration avec l'Équipe Opérationnelle d'Hygiène (EOHH) de l'établissement. Cette analyse prend en compte :
- Le niveau de risque infectieux (Zone à Risque) de la zone d'intervention, conformément à la classification de la NF S90-351:2013 :
- Risque 1 : risque nul ou négligeable (bureaux, locaux non médicaux).
- Risque 2 : risque modéré (consultations, hospitalisation conventionnelle).
- Risque 3 : risque élevé (réanimation, soins intensifs, néonatologie).
- Risque 4 : risque très haut (bloc opératoire aseptique, greffes, hémato/oncologie).
- La pathologie des patients hospitalisés dans la zone et les zones adjacentes.
- Les résultats d'analyses microbiologiques de l'air et des surfaces (si disponibles).
- Le risque de contamination croisée : parcours des équipes, locaux traversés.
- Le type de fonctionnement de la centrale de traitement d'air : tout air neuf, air recyclé, type et étage de filtration (G4, F7, F9, H13, H14).
- La méthodologie d'intervention retenue.
- Le choix des produits détergents/désinfectants (conformité fiche technique, taux de dilution).
- Les mesures de protection environnementale : sas polyane, mise en dépression, confinement.
- Les EPI à déployer.
Intervenants en phase travaux
- Représentant du CLIN ou de l'EOHH.
- Cadre du service concerné par les interventions.
- Services techniques (ingénieur biomédical, technicien supérieur hospitalier).
- Le chargé d'affaires, responsable de l'exécution des prestations.
- Le chef d'équipe qui réalise les travaux.
Organismes externes de référence
- Direction Générale de la Santé (DGS) — politique nationale de santé publique.
- Agence Régionale de Santé (ARS) — déclinaison régionale, signalement infections nosocomiales.
- Santé publique France (ex-InVS) — surveillance épidémiologique.
- SF2H (Société Française d'Hygiène Hospitalière) — recommandations professionnelles.
- CPias (Centres d'appui pour la prévention des infections associées aux soins) — appui régional.
Méthodologie d'intervention sur les réseaux aérauliques
La chronologie ci-après décrit les grandes lignes du traitement d'un réseau aéraulique. Avant le démarrage, un planning d'intervention et un plan d'hygiène et de sécurité sont établis avec les responsables de services, de maintenance et de sécurité. La méthodologie est adaptée aux caractéristiques propres de l'installation : horaires, dimensions et sections des gaines, configuration, taux d'encrassement, positionnement des trappes.
Chronologie d'intervention
| Étape | Description |
|---|---|
| 1. Protection | Mise en place d'un film polyane sur sols, murs et meublants à protéger. |
| 2. Balisage | Marquage visuel des zones d'intervention. |
| 3. Mise en sécurité | Condamnation électrique des centrales de traitement d'air et des caissons d'extraction. |
| 4. Trappes de visite | Ouverture des trappes existantes et pose de trappes complémentaires de type METU (cf. NF EN 12097). |
| 5. Ballonnage | Isolation d'un tronçon de gaine et concentration du flux d'aspiration via des ballons pneumatiques gonflés à l'air comprimé — étanchéité garantie. |
| 6. Dépoussiérage | Soufflage : progression des centrales vers les bouches. Extraction : démarche inversée, des grilles vers les caissons. |
| 7. Auto-contrôle | Signature par l'opérateur de la fiche « Autocontrôle » attestant la propreté définie (Démarche Assurance Qualité). |
| 8. Remise en condition | Démontage des protections, remise en service des installations, nettoyage final des locaux et du matériel. |
Méthodes de nettoyage
- Essuyage humide
- Aspiration filtre THE
- Nettoyage haute pression
- Brossage mécanisé
- Brossage manuel
- Soufflage air comprimé
- Aspiration + essuyage humide
- Trempage en solution bactéricide et fongicide (cf. AE-01 avec démontage)
- Aspiration + essuyage humide (cf. AE-01 sans démontage)
Principe de nettoyage des gaines
Exemple : nettoyage d'un service d'hospitalisation
Le schéma ci-dessous représente un service de soufflage. L'intervention progresse tronçon par tronçon : isolation par ballonnage, mise en dépression (U.M.A.) puis brossage, en avançant le long du couloir.
Plan du service — réseau de soufflage
Dépoussiérage successif des réseaux secondaires
Matériel d'intervention
Organisation du matériel
Le matériel est organisé en deux niveaux : les équipements individuels (par personne) et le matériel d'équipe mutualisé, réparti par type d'intervention (trappes, réseau, centrales, bouches).
Trappes de visite (NF EN 12097)
Trappes de visite — référence unique
Air & Eau Services a référencé un fabricant unique (METU) pour assurer la cohérence et la traçabilité des trappes posées sur les réseaux clients.
Cette norme précise les dimensions, formes et emplacements des trappes de visite à poser pour faciliter l'entretien et le nettoyage des conduits.
Règles d'implantation
Nous posons des trappes de visite :
- À chaque changement de direction.
- En haut et pied de gaines verticales.
- En amont et/ou en aval d'obstacles : pièges à sons, batteries, boîtes de détente, clapets coupe-feu, etc.
- Selon un entraxe d'implantation de 3 à 15 m ajusté à la configuration du réseau, avec une cible de 9 à 13 m sur les réseaux horizontaux (NF EN 12097 : minimum tous les 10 m sur sections droites).
Caractéristiques techniques — trappes METU
| Paramètre | Spécification |
|---|---|
| Marque | METU (fabricant référencé unique) |
| Matière | Acier galvanisé — épaisseur de la trappe 0,8 à 1,2 mm |
| Gamme d'utilisation | Gaines cylindriques (à partir de Ø 80 mm) et rectangulaires |
| Épaisseur de gaine admissible | Pose sur gaines d'épaisseur de paroi 0,8 à 8 mm |
| Étanchéité | Joint mousse polyéthylène — étanche jusqu'à 5 000 Pa (≈ 500 mm CE) |
| Tenue au feu | Sans classement feu en l'état |
| Gamme de température | −70 °C à +70 °C |
| Résistance chimique | Résistant aux huiles et carburants |