Qualité d'air Guide technique · GIN-01
GIN-01
Guide technique
Version 1.0 — 27/05/2026
Maîtrise du risque infectieux

Gestion du risque d'infections nosocomiales

Mise en propreté et désinfection des réseaux aérauliques en secteur hospitalier
Objet du guide
Ce guide détaille la méthodologie d'intervention d'Air & Eau Services pour la mise en propreté et la désinfection des réseaux aérauliques en milieu hospitalier. Il couvre l'analyse du risque aspergillaire, les moyens de protection mis en place et la chronologie des opérations, conformément aux référentiels en vigueur (NF S90-351, NF EN 12097, recommandations SF2H, dispositions CLIN/EOHH).
Sommaire
  1. 1.Généralités — définitions, origines et modes de transmissionp. 2-3
  2. 2.Gestion du risque — analyse, moyens de lutte et diagnostic préalablep. 4-6
  3. 3.Méthodologie d'intervention et exemple illustrép. 7-8
  4. 4.Matériel et trappes de visite (NF EN 12097)p. 9-10
2–3 µm
Spores d'Aspergillus
4
Niveaux de zone à risque
H13 · H14
Filtres absolus THE
100 %
EPI à usage unique
Air & Eau Services 43, rue de Liège · 75008 Paris
Tél. 01 60 28 96 70 · Fax 01 60 28 96 71
GIN-01 · v. 1.0 — 27/05/2026
Reproduction et diffusion interdites
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Définitions et cadre réglementaire

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Généralités

Infections nosocomiales — définitions

Une infection nosocomiale (ou « infection associée aux soins », IAS) est une infection contractée dans un établissement de santé. Trois définitions juridiques et internationales coexistent dans le droit français.

Définition de l'OMS

Organisation mondiale de la santé
« Infection acquise à l'hôpital par un patient admis pour une raison autre que cette infection. Infection survenant chez un patient à l'hôpital ou dans un autre établissement de santé, et pour qui cette infection n'était ni présente ni en incubation au moment de l'admission. »

Cette définition inclut les infections contractées à l'hôpital mais se déclarant après la sortie, ainsi que les infections professionnelles du personnel.

Définition du Conseil de l'Europe (25 octobre 1984)

« Toute maladie contractée à l'hôpital, due à des micro-organismes, cliniquement ou microbiologiquement reconnaissable, qui affecte le malade lors de son admission à l'hôpital ou pendant des soins reçus en traitement ambulatoire, ou le personnel hospitalier exposé par son activité, que les symptômes apparaissent ou non pendant que l'intéressé se trouve à l'hôpital. »

Cadre réglementaire français

Origines des infections

Les agents infectieux responsables des infections nosocomiales sont classés en trois grandes catégories :

Bactéries
Agents les plus fréquents (Staphylococcus aureus, E. coli, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumannii, Klebsiella pneumoniae…).
Virus
Hépatites B/C, grippe, virus respiratoires (RSV, SARS-CoV-2), gastro-entérites virales (rotavirus, norovirus).
Parasites & champignons
Candida albicans, Aspergillus spp., Pneumocystis jirovecii, gale.
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Modes de transmission et réservoirs

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Origine du germe

Infection EXOGÈNE
Micro-organismes provenant d'un environnement contaminé : air, surface, dispositif médical, autre patient, personnel soignant.
Infection ENDOGÈNE
Germes hébergés par le patient lui-même qui deviennent pathogènes (typiquement chez patients immunodéprimés).

Sources et réservoirs

Quatre modes de transmission exogène

1 · Par contact
Direct de la source au patient, ou indirect via un support intermédiaire (mains, objets). La transmission manuportée est prépondérante.
2 · Par gouttelettes
Sécrétions du rhino-pharynx ou du tractus respiratoire — la source est proche du patient (Flügge, < 1 m).
3 · Par voie aérienne
Micro-organismes sur supports de poussières ou cellules squameuses. La source peut être distante du patient. Concerne notamment les spores fongiques (Aspergillus).
4 · Par dispositifs médicaux, produits biologiques, aliments
Pas de nécessité de multiplication du micro-organisme sur le support pour qu'il y ait transmission.
Pourquoi la voie aérienne est critique pour les réseaux aérauliques
Lors des opérations de maintenance ou de nettoyage des réseaux aérauliques, les poussières historiques accumulées dans les gaines peuvent être remises en suspension. Les spores fongiques portées par ces particules atteignent les voies respiratoires des patients, en particulier les patients immunodéprimés hospitalisés à proximité.

Population à risque majeur

L'immunodépression est le facteur de risque principal d'aspergillose nosocomiale. Sont particulièrement concernés :

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Analyse des risques liés à nos prestations

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Gestion du risque

4 risques principaux — analyse et caractérisation

Les prestations de mise en propreté et désinfection des réseaux aérauliques génèrent des infections exogènes par 4 voies principales que nous identifions et maîtrisons.

⚠ Risque aspergillaire Majeur

Augmentation exponentielle des micro-organismes dans l'air lors du démontage de faux plafonds, ouverture de gaines, manipulation de filtres, brossage, ouverture de trappes ou démontage de bouches.

⚠ Risque humain Personnel

Notre personnel peut potentiellement être porteur de germes pathogènes pour les patients. Maîtrisé par l'équipement individuel et l'hygiène des mains.

⚠ Risque manuporté Surfaces

Par contact des intervenants sur le mobilier, portes, structures, sols. Mode de transmission le plus fréquent dans toute infection nosocomiale.

⚠ Risque de contamination croisée Logistique

Contamination d'une zone propre par le matériel ou les flux de personnel issus d'une zone de travaux.

Focus scientifique — Aspergillose nosocomiale

Agent pathogène — Aspergillus fumigatus
L'aspergillose invasive est principalement causée par Aspergillus fumigatus, champignon filamenteux saprophyte ubiquitaire du sol et des matières en décomposition. Les conidies (spores) mesurent 2 à 3 µm de diamètre — taille permettant l'inhalation jusqu'aux alvéoles pulmonaires.

Chez un individu immunocompétent, la moisissure n'est pas pathogène (élimination par les macrophages alvéolaires). Chez le patient immunodéprimé, elle provoque une aspergillose invasive : infections pulmonaires, naso-sinusiennes, parfois cérébrales, avec une létalité de 50 à 80 % selon les séries — 2e cause de mortalité hospitalière par infection fongique.

Sources : Institut Pasteur — fiche Aspergillose ; INSPQ Québec — fiche Aspergillus fumigatus ; CPias Auvergne-Rhône-Alpes — Conduite à tenir en cas d'aspergillose nosocomiale.

Origine quasi systématiquement aérienne en milieu hospitalier
La quasi-totalité des épidémies d'aspergillose nosocomiale documentées sont liées à des sources aériennes : travaux de construction ou de rénovation, conduits de ventilation contaminés, systèmes de filtration défaillants. C'est pourquoi toute intervention sur un réseau aéraulique en activité hospitalière exige un confinement strict.
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Moyens mis en œuvre pour la maîtrise du risque

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Lutte contre le risque humain — Équipements individuels (EPI)

Notre personnel d'intervention est équipé d'EPI conformes à la législation européenne de catégorie III (risques majeurs) :

L'ensemble est changé à chaque sortie/entrée de zone d'intervention et a minima en fin de demi-journée.

Lutte contre le risque manuporté

Lutte contre le risque de contamination croisée

Lutte spécifique contre le risque aspergillaire

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Diagnostic préalable et gouvernance

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Diagnostic préalable à l'intervention

Compte tenu de la diversité des profils des patients hospitalisés et des actes médicaux, nous menons une évaluation préalable des risques en collaboration avec l'Équipe Opérationnelle d'Hygiène (EOHH) de l'établissement. Cette analyse prend en compte :

Livrable du diagnostic
Le diagnostic donne lieu à un plan de prévention des risques environnementaux formalisé, reprenant :
  • La méthodologie d'intervention retenue.
  • Le choix des produits détergents/désinfectants (conformité fiche technique, taux de dilution).
  • Les mesures de protection environnementale : sas polyane, mise en dépression, confinement.
  • Les EPI à déployer.

Intervenants en phase travaux

Côté centre hospitalier
  • Représentant du CLIN ou de l'EOHH.
  • Cadre du service concerné par les interventions.
  • Services techniques (ingénieur biomédical, technicien supérieur hospitalier).
Côté Air & Eau Services
  • Le chargé d'affaires, responsable de l'exécution des prestations.
  • Le chef d'équipe qui réalise les travaux.

Organismes externes de référence

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Méthodologie d'intervention sur les réseaux aérauliques

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Mise en propreté et désinfection

Chronologie d'intervention et méthodes de nettoyage

La chronologie ci-après décrit les grandes lignes du traitement d'un réseau aéraulique. Avant le démarrage, un planning d'intervention et un plan d'hygiène et de sécurité sont établis avec les responsables de services, de maintenance et de sécurité. La méthodologie est adaptée aux caractéristiques propres de l'installation : horaires, dimensions et sections des gaines, configuration, taux d'encrassement, positionnement des trappes.

Chronologie d'intervention

Étape Description
1. Protection Mise en place d'un film polyane sur sols, murs et meublants à protéger.
2. Balisage Marquage visuel des zones d'intervention.
3. Mise en sécurité Condamnation électrique des centrales de traitement d'air et des caissons d'extraction.
4. Trappes de visite Ouverture des trappes existantes et pose de trappes complémentaires de type METU (cf. NF EN 12097).
5. Ballonnage Isolation d'un tronçon de gaine et concentration du flux d'aspiration via des ballons pneumatiques gonflés à l'air comprimé — étanchéité garantie.
6. Dépoussiérage Soufflage : progression des centrales vers les bouches. Extraction : démarche inversée, des grilles vers les caissons.
7. Auto-contrôle Signature par l'opérateur de la fiche « Autocontrôle » attestant la propreté définie (Démarche Assurance Qualité).
8. Remise en condition Démontage des protections, remise en service des installations, nettoyage final des locaux et du matériel.

Méthodes de nettoyage

Centrales de traitement d'air
  • Essuyage humide
  • Aspiration filtre THE
  • Nettoyage haute pression
Réseaux (gaines)
  • Brossage mécanisé
  • Brossage manuel
  • Soufflage air comprimé
  • Aspiration + essuyage humide
Bouches et grilles
  • Trempage en solution bactéricide et fongicide (cf. AE-01 avec démontage)
  • Aspiration + essuyage humide (cf. AE-01 sans démontage)

Principe de nettoyage des gaines

GAINE — COUPE LONGITUDINALE Brosse rotative Trappe de visite Ballon d'étanchéité U.M.A. Filtres absolus THE (test DOP)
Aspiration en dépression — le ballon concentre le flux de la brosse rotative vers l'U.M.A. équipée de filtres absolus (filtres THE).
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Exemple : nettoyage d'un service d'hospitalisation

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Le schéma ci-dessous représente un service de soufflage. L'intervention progresse tronçon par tronçon : isolation par ballonnage, mise en dépression (U.M.A.) puis brossage, en avançant le long du couloir.

Plan du service — réseau de soufflage

Plan du service — état initial
État initial — réseau et chambres CH 1 à 12
Intervention : ballonnage, U.M.A. et brosse
Intervention — ballonnage, dépression U.M.A., brossage

Dépoussiérage successif des réseaux secondaires

Réseaux secondaires — étape 1
Étape 1 — tronçon supérieur (CH 1 à 6) traité
Réseaux secondaires — étape 2
Étape 2 — U.M.A. déplacée, tronçon inférieur (CH 7 à 12) traité
Traçabilité
Chaque tronçon traité fait l'objet d'un auto-contrôle signé par l'opérateur (fiche « Autocontrôle ») garantissant la propreté définie, dans le cadre de la démarche Assurance Qualité.
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Matériel d'intervention

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Équipements

Matériel d'intervention et organisation d'équipe

Organisation du matériel

Le matériel est organisé en deux niveaux : les équipements individuels (par personne) et le matériel d'équipe mutualisé, réparti par type d'intervention (trappes, réseau, centrales, bouches).

POUR CHAQUE PERSONNE Prestation standard Aspirateurs à filtres absolus · polyane · combinaisons et chaussures de sécurité Intervention en zone protégée Combinaisons jetables · masques · gants · surchaussures · chiffons et produits POUR CHAQUE ÉQUIPE — matériel mutualisé par type d'intervention Trappes Perceuse · scie sauteuse Écran facial · gants Ruban aluminium Réseau Brossage automatique · tiges Compresseur · ballons U.M.A. · témoins auto-contrôle Centrales Nettoyeur haute pression Dégraissant · désinfectant Aspirateur · tissus Bouches Éponges · désinfectant bactéricide et fongicide · tissus
Matériels individuels (par personne) et matériel d'équipe par type d'intervention
Filtration absolue systématique
Tous les dispositifs d'aspiration (UMA, aspirateurs portatifs, centrales) sont équipés de filtres absolus THE (HEPA H13/H14 selon NF EN 1822), avec test DOP fourni en début de mission pour garantir l'intégrité de la filtration au rejet.
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Trappes de visite (NF EN 12097)

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Équipements

Trappes de visite METU et cadre normatif

Trappes de visite — référence unique

Air & Eau Services a référencé un fabricant unique (METU) pour assurer la cohérence et la traçabilité des trappes posées sur les réseaux clients.

Trappe de visite METU sur gaine circulaire
Cadre normatif — NF EN 12097 (novembre 2006)
« Ventilation des bâtiments — Réseaux de conduits — Exigences relatives aux composants destinés à faciliter la maintenance des réseaux de conduits. »

Cette norme précise les dimensions, formes et emplacements des trappes de visite à poser pour faciliter l'entretien et le nettoyage des conduits.

Règles d'implantation

Nous posons des trappes de visite :

Caractéristiques techniques — trappes METU

ParamètreSpécification
MarqueMETU (fabricant référencé unique)
MatièreAcier galvanisé — épaisseur de la trappe 0,8 à 1,2 mm
Gamme d'utilisationGaines cylindriques (à partir de Ø 80 mm) et rectangulaires
Épaisseur de gaine admissiblePose sur gaines d'épaisseur de paroi 0,8 à 8 mm
ÉtanchéitéJoint mousse polyéthylène — étanche jusqu'à 5 000 Pa (≈ 500 mm CE)
Tenue au feuSans classement feu en l'état
Gamme de température−70 °C à +70 °C
Résistance chimiqueRésistant aux huiles et carburants
Référentiels cités dans ce guide
NF S90-351:2013 · NF EN 12097:2006 · NF EN ISO 14644 · NF EN 1822 (filtres HEPA) · EN ISO 13982-1 (combinaisons type 5) · EN 13034 (combinaisons type 6) · EN 149 (FFP) · Décret 88-657 du 06/05/1988 · Loi 98-535 du 01/07/1998 · Recommandations SF2H.